Paroles d'experts

Paroles de scientifique

Que dire, que faire, comment être avec nos enfants ou nos élèves ?

Strasbourg a été frappé par la violence d’une personne. En pleine rue. Pendant le marché de noël

En tant que parent, enseignant, que pouvons-nous dire à nos enfants, nos élèves ?

Tout d’abord, il est essentiel de proposer un cadre sécurisant : en tant qu’adulte, c’est pouvoir se comprendre soi, accueillir ses émotions, les nommer et respirer. S’ancrer soi-même dans ce cadre sécurisant pour y accueillir l’enfant. Rappeler à l’enfant qu’il est en sécurité dans cet endroit (maison, école).

  1. Relater les faits:

« Un homme a tué et blessé plusieurs personnes. Beaucoup d’autres personnes ont vu cela et ont eu très peur, se sont enfuies et sont allées se réfugier dans les restaurants et les bars. Lorsqu’il n’y a plus eu de danger, la police a permis que chacun puisse retourner chez soi. Ce qu’a fait cet homme est très grave, il a été rattrapé et ne pourra plus nuire à personne. Personne n’a le droit de tuer ».

  1. La minute de silence : l’empathie aux victimes

Il est important de se prendre le temps d’un peu de silence en pensant aux victimes, à leurs familles et aux proches et à tous ceux qui ont eu très peur.

  1. Le temps de l’échange : le partage des émotions

Et maintenant, prenons le temps d’échanger pour ceux qui le souhaitent, de dire ce que nous ressentons au sujet de tout cela.    

Permettre dans ce lieu sécurisant, dans cette disponibilité d’écoute sans jugement de laisser chaque enfant qui le souhaite s’exprimer.

L’enseignant ou le parent peut formuler les sentiments exprimés par les enfants : si je comprends bien, tu ressens (ou tu as ressenti) de la peur, de la tristesse, de la révolte, de l’injustice, de l’incompréhension, …

  1. Comment faire avec ces émotions ? Pouvoir s’ancrer dans le présent, le corps et la respiration

Nous sommes tous touchés par différentes émotions. Mais ici et maintenant nous sommes ensemble en sécurité. Quelquefois en y repensant, nous pourrons avoir peur. Comment faire ?  

  • Localiser la peur dans le corps et respirer

Où ressentez-vous la peur dans votre corps ?  Au niveau du ventre, de la poitrine ?  Respirons dans ces endroits en inspirant profondément et lors de l’expiration en laissant notre ventre se détendre.  

  • Se recentrer sur ses muscles et libérer les tensions.

« Contractez tout son corps en inspirant profondément par le nez et retenir son souffle quelques secondes puis expirez rapidement par la bouche en relachant tout le corps. Reproduire cet exercie 6 à 7 fois.

  • Visualisez un lieu sécurisant

« Vous allez penser à un endroit où vous vous sentez en sécurité. Un endroit que vous aimez bien, cela peut être votre chambre, ou l’endroit où vous avez passé vos vacances ou dans la maison de quelqu’un de la famille, un endroit où vous vous souvenez que vous vous êtes senti en sécurité.

Si vous ne trouvez pas, vous pouvez imaginer un endroit, comme un paysage, au bord de la plage, ou devant une montagne ou un lac… Est-ce que tout le monde a trouvé un tel endroit ?

*** Vous pensez à cet endroit où vous vous sentez vraiment en sécurité.  C’est peut-être un lieu familier comme votre chambre, un endroit où vous avez été un jour en vacances, ou un endroit où vous aimeriez aller.  Ou c’est peut-être chez quelqu’un….  C’est un lieu où vous êtes tout à fait bien, votre refuge.  Il est en vous ce refuge, cet endroit de sécurité car il suffit d’y penser, de l’imaginer.

Vous respirez avec toute votre attention en visualisant ce lieu sécurisant. Lorsque vous inspirez, vous ressentez cette sécurité, ce sentiment d’être protégé et lors de votre expiration, vous vous détendez. Inspirez ces sensations de sécurité, expirez en laissant le corps se détendre……

 Vous pouvez toujours y revenir à cet endroit, lorsque vous en aurez besoin. Restez encore jusqu’à la fin de l’exercice et ensuite vous emporterez avec vous ce sentiment de sécurité.  Peu importe où vous allez, la sensation de sécurité peut vous accompagner partout comme votre respiration. ***

  • Ecrire ce qui est ressenti ou le dessiner

Autre façon de mettre à distance son ressenti projeté sur une feuille.

  • Un petit scan corporel (support audio)

 

Nos enfants ont de merveilleuses capacités de faire face, nous devons aussi nous même y croire et leur faire confiance. Si néanmoins, votre enfant présente des manifestations anxieuses persistantes, des cauchemars, un changement de comportement, n’hésitez pas à le faire voir par un spécialiste (pédopsychiatre, psychologue).

 

Caroline Roeser, psychiatre